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  • 1881-1981

    Il y a des rapprochements qui laissent songeur. 1881 l'école laïque, gratuite et obligatoire est fondée. Cette neutralité bienveillante qu'elle affiche rassure tout un chacun même si certains doivent faire un effort d'imagination. Comment, en effet, un catholique peut-il concevoir que Dieu créateur du Ciel est de la Terre soit au dessous du Président de la République?

    Si elle peut pleinement satisfaire les athées, on sent bien que la laïcité pose une problème aux croyants quels qu'ils soient. La règle est que la religion concerne la sphère privée, la laïcité la sphère publique. A l'école et à la République, la laïcité, à la famille l'éducation et la pratique religieuses. Mais en 1981, année du centenaire, le parti des instituteurs gagne le pouvoir. L'école laïque a débordé de son cadre. Dès le début, inspirée par Rousseau, elle se dégrade, pas besoin d'attendre 1981, mais ça s'accélère à partir de 1968. Des instituteurs aux idées de gauche vissées au corps se sont même demandés si finalement il n'y avait pas sabotage. Tout est en truquage et trompe l’œil, c'est la logique que l’on retrouve partout. Les méthodes de travail sont fantaisistes, les cancres prolifèrent et prospèrent. On pourrait s'attendre à ce que des initiatives soient issues de réflexions constructives à partir d'éléments pertinents et réalistes. Il n'en est rien. Des banalités servent de base, que l'on reprend avec un enthousiasme d'autant plus grand qu'elles correspondent aux mots d'ordre des syndicats les plus actifs. Tout ce que l'on a trouvé comme remède aux problèmes c'est la réduction des effectifs, tout en sachant que cette réponse a des limites et qu'elle ne suffira pas.

    Ce qui compte, ce qui est important c'est que l'école soit laïque, c'est à dire non pas qu'elle respecte la religion et les idées de chacun mais qu'elle respecte la devise républicaine: Liberté, Egalité, Fraternité. Tout ça c'est bien beau mais ça ne tient pas la route! Au nom de l'égalité on tue l’égalité! Quand les classes de REP sont dédoublées, l'égalité a disparu. Au lieu d'apporter la connaissance et le bon goût à tous, on vulgarise l'ignorance et on promeut le mauvais goût. L'école ne veut pas former des hommes et des femmes, elle veut former des citoyens, des républicains. Il ne s'agit pas d'instruire, d'ouvrir l'esprit, mais d'amener à penser à sentir selon des normes particulières. Nos intellectuels l'admettent eux mêmes quand ils n'occultent pas la monarchie: notre histoire est bicéphale. L'école n'a pas été faite pour l'instruction du plus grand  nombre mais pour permettre le passage de la monarchie à la république. Ce que l'on enseigne aujourd'hui, c'est en fait le politiquement correct, "une sorte d'orthodoxie scientiste, de dogmatisme chrétien, de mysticisme anti-mystique"(*). C'est à dire une vue de l'esprit et pas le monde réel.

    * François BRIGNEAU, Jules l'Imposteur

     

  • Sainte Geneviève

    L'école est la clef secrète de la politique française. "L'école de la République" a pour but d'effacer des consciences l'identité catholique des français. Les droits de l'homme sont définis dans le décalogue. La religion chrétienne apporte au monde depuis vingt siècles la fraternité, l'égalité, la liberté. Il ne devrait donc pas y avoir de problème. Et pourtant...

    Le Panthéon est la preuve de la lutte de la tradition contre la France nouvelle. Les "grands hommes" de la République sont des écrivains, des scientifiques, des politiciens. Ce ne sont plus des héros ou des saints. C'est l'exemple de la France infidèle. C'est la France révolutionnaire contre la France chrétienne. Par trois fois l'église Sainte Geneviève est devenue le Panthéon, par trois fois la crois fut descendue pour être remplacée par un drapeau (français ou révolutionnaire). La nation française est une création et une réalisation chrétiennes. Des groupes idéologiques et religieux d'hommes venus d'ailleurs qui ne sont français ni de naissance ni de coeur sont à l'oeuvre. Mais des français "de souche" ou dont la nationalité française est juridiquement incontestable, aident, garantissent, cautionnent par le moyen de la manipulation démocratique cette entreprise.

    Pourrait on dire aujourd'hui comme en 1801 que "le catholicisme est la religion de la majorité des français?" L'identité religieuse devient aussi incertaine que l'identité nationale. Pourtant on ne peut pas modifier l'identité catholique, la majorité peut s'en éloigner ou s'en rapprocher , on ne peut pas en modifier la nature. l'identité nationale, elle, n'a aucune assurance d'immortalité,  par contre à force de vouloir se fondre dans un magma universel elle peut disparaître tout à fait. Mais pour la religion ce n'est pas pareil, face à l'école, l'information, la culture conformistes, elle peut gagner par le prestige, l'autorité morale de ses hommes.

    L'école catholique traditionnelle libre est indispensable à la formation des militants catholiques dont la France a besoin pour survivre.

  • Rentrée 2018

    La rentrée est de nouveau là, toujours avec les difficultés financières des ménages mais cette année en plus avec les révélations en cascade partout à travers le monde de cas de prêtres pédophiles.
    Tout augmente comme d'habitude et les revenus ne suivent pas. Les grands parents qui permettaient jusqu'ici de passer les caps difficiles, pourront moins le permettre touchés qu'ils sont eux aussi par la baisse de leurs pensions et de leur pouvoir d'achat. Alors il y a gros à parier que de nombreuses familles ne pourront pas envoyer leurs enfants à l'école catholique traditionnelle non subventionnée qu'elles avaient choisie. Des bénévoles qui animaient ces écoles devront abandonner aussi car il leur faut faire face à un quotidien toujours plus difficile. Les effectifs d'enseignants vont encore baisser obligés qu'ils sont de quitter leur poste faute de ressources à force d'accepter des baisses de traitement. Des écoles vont encore fermer.
    Et puis, il y a le drame de la pédophilie au sein de l'Eglise. Le retentissement médiatique est tel, sans doute non exempt de manipulation, qu'il a de quoi inquiéter les parents et les faire renoncer à confier leurs enfants à l'école confessionnelle. Il est vrai qu'il s'agit d'un drame épouvantable et que l'Eglise n'a pas su se comporter: parler clairement, agir fermement. Elle semble le faire aujourd'hui; mais jusqu'où ira-t-elle? On attend une transparence totale et des condamnations sans nuance.
    Les enfants catholiques ne recevront donc pas un enseignement de qualité qui s'inscrive dans la durée. Qu'en restera-t-il à ceux qui ont eu la chance de le connaître après quelques années d'enseignement laïque? Cette année encore les choses paraissent difficiles pour l'enseignement catholique libre. Mais il ne faut pas baisser les bras. Il faut espérer et prier pour que l'Eglise soit courageuse face au mal fait à l'enfance et continuer à se battre pour le financement de nos écoles…..